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RESUME : La circulaire 2000-63 relative à la sécurité dans les tunnels
routiers fixe 4 exigences de tenue au feu qui diffèrent selon les ouvrages,
leurs réseaux et les équipements installés.
Pour les réseaux secs permettant le cheminement des câbles de distribution électrique
et des câbles de transmissions de données, le
niveau requis est le plus élevé, à savoir le niveau N3 correspondant à une
tenue au feu CN 240 HCM 120.
En partie courante, ces cheminements sont protégés par l’épaisseur
de béton situé au dessus de la nappe supérieure des fourreaux
(environ 20 cm).
La protection thermique au niveau des chambres de tirage, généralement
espacées de 50 à 100 m, pose problème.
Cet article retrace les diverses solutions appliquées depuis quelques années et la démarche engagée par EGIS Tunnels – MECATISS – APRR pour le développement d’une protection thermique avec la vérification du maintien des fonctionnalités des divers réseaux transitants dans la chambre de tirage. ABSTRACT: SUMMARY: Circular 2000-63 pertaining to safety in road tunnels defines and
sets four requirements in terms of fire resistance that vary
according to the type of structure, the networks and equipment concerned.
For dry networks that serve to bring electrical and data transmission cables,
the requirements are higher, i.e. level N3, corresponding to
a fire resistance of CN 240 HCM 120.
For the sections running between two wiring chambers, these cables are protected
by the layer of concrete situated above the upper
layer of the sheaths (approximately 20 cm).
Thermal protection for wiring chambers, normally spaced at 50 to 100 m intervals,
is problematic.
This article presents the different solutions that have been implemented over
the recent years, together with the approach adopted by
EGIS Tunnels - MECATISS - APRR in order to design thermal protection that allows
controlling the functional integrity of the different
networks running through the wiring chambers. 1 - POURQUOI DEVELOPPER UNE PROTECTION THERMIQUE POUR LES CHAMBRES DE TIRAGE Depuis l’année 2000 et suite à la catastrophe du tunnel
du Mont
Blanc en 1999, une circulaire interministérielle relative à la
sécurité dans les tunnels du réseau routier national s’impose
dans la réalisation des ouvrages souterrains.
Cette règlementation fixe plusieurs objectifs fondamentaux
résumés ci-après :
1 Détection des situations anormales – Communication
usagers1.2 Moyens de surveillance et détection (DAI, GTC, DI) 1.3 Signalisation d’arrêt ou de fermeture 1.4 Dispositifs d’arrêt ou de fermeture 1.5 Postes d’appels d’urgence (PAU) 2 Protection et évacuation des usagers – Accès des secours 2.1 Dispositifs d’évacuation, de protection et d’accès 2.2 Accessibilité des dispositifs aux personnes à mobilité réduite (PMR) 2.3 Dimensionnement et gestion de la ventilation 2.4 Cantonnement de l’éclairage de sécurité 3 Protection et lutte contre l’incendie 3.1 Stabilité et résistance au feu 3.2 Augmentation et sécurisation des moyens d’extinction 3.3 Dimensionnement de la ventilation 3.4 Récupération et traitement des déversements sur chaussée Pour certains de ces points des solutions ont été rapidement
adoptées (2.1, 2.2 & 3.1 à 3.4) ; pour la protection et
l’évacuation des usagers (2.1) des fabricants de portes ont
développé et fait certifier des matériels.
Pour les autres points, la mise en oeuvre d’équipements
dynamiques permet de répondre à ces objectifs. Ceci nécessite
des alimentations électriques ainsi que des modes de
commandes et contrôles gérés à distance.
Suivant le système et la fonctionnalité à assurer, deux
grands
types de réseaux sont à prendre en compte :
• Les réseaux principaux :
- Alimentations électriques des systèmes de ventilation- Alimentations électriques des cantons d’éclairage de sécurité - Alimentations électriques des niches techniques, permettant la distribution électrique locale - Réseau de transport des données de vidéosurveillance et de gestion technique centralisée (GTC) - Réseau d’appel d’urgence •
Les réseaux secondaires :
- Alimentations électriques des équipements locaux
(caméra, panneau de signalisation, éclairage des
diverses niches de sécurité et incendie, …)
- Liaison de contrôle / commande des équipements
locaux (signalisation de fermeture, détection
d’ouverture de porte, …)
Ces derniers réseaux sont moins importants que les autres car
les équipements qu’ils desservent, en cas d’incendie à
proximité de ceux-ci, seraient détruits.
Quelque soit le type du réseau, ceux-ci transitent généralement
sous fourreaux, multi-alvéolaires, noyés dans le corps des
trottoirs.
Des regards ou chambres de tirage-dérivation permettent la
mise en place des câbles à l’intérieur des fourreaux.
Ces
dispositifs sont espacés d’environ 75 m les unes des autres et
représentent autant de points particuliers et l’objectif 3.1
«
Stabilité et résistance au feu » est donc fondamental.
De plus cette réglementation s’impose alors que sur le marché
aucun matériel ne correspond à celle-ci.
C’est donc une majorité des objectifs visés par la circulaire
qui ne peuvent être garantis au niveau de ces chambres de
tirage.
Face à ce vide technique, EGIS Tunnels, qui souhaite toujours
pouvoir répondre au mieux aux exigences règlementaires, a
rapidement compris les enjeux liés à cette problématique
:
•
Le risque encouru pour les usagers de ne pouvoir utiliser
les divers systèmes de déclenchement d’alerte et/ou de
communication
•
Le risque pour les exploitants de ne pouvoir détecter un
incident ou un incendie, et ne pas pouvoir agir en
conséquence.
•
Le risque pour le service de secours de ne pouvoir
disposer d’une ventilation / désenfumage permettant de
traiter au mieux l’incendie.
•
Le risque d’engager la responsabilité des divers
intervenants si lors de travaux (neuf ou rénovation),
aucune disposition n’est prise pour assurer le maintien
des fonctionnalités des divers réseaux. Pour se prémunir
contre ce risque, l’emploi de matériaux ou matériels
agréés est à privilégier.
Mais d’autres contraintes impliquent des solutions techniques
spécifiquement adaptées pour la réalisation des tampons
de
fermeture des chambres de tirage.
•
La résistance mécanique à la roue de 6 tonnes des
véhicules susceptibles de les franchirLes autres contraintes pour ces dispositifs de fermeture sont les suivantes : •
L'étanchéité relative pour minimiser, autant que faire
se
peut, la pénétration des liquides et des corps solides de
petite taille
•
La maniabilité, pour les personnels intervenant en
travaux de maintenance2 - SOLUTIONS APPLIQUEES POUR LA FERMETURE DES CHAMBRES DE TIRAGE 2.1 - Solutions sans prise en compte de la stabilité et résistance au feu Ces différents types de fermeture ont été largement employées
jusqu’à la parution de la circulaire. 2.1.1 - Tampons béton sans feuillure acier |
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Relativement lourds et mal-commodes à manoeuvrer, ces
tampons s'avèrent, de plus, très fragiles après quelques
mois
d'exploitation : le moindre choc peut générer un éclat
de béton.
Si des échancrures équipées de "clous" de levage n’ont pas été ménagées pour la manutention, il faut glisser dans l'interstice des dalles un pied-de-biche pour ouvrir le tampon. Ce faisant, il s'avère difficile de maintenir le tampon en bon état. Lorsque plusieurs couvercles de ce type sont utilisés pour
assurer la fermeture d’une même chambre, il est très difficile
d'insérer le dernier élément de couverture car les interstices
sont obstrués. En outre, le moindre débris ou gravois dans la
feuillure ne permet pas de respecter le plan de pose ni
d'assurer l'étanchéité (une portée plane). Les
opérations de
nettoyage de l’ouvrage ainsi que les amenées d’eau par la
circulation automobile contribuent à colmater les interstices. La résistance thermique des dalles de couverture avec feuillure est relativement faible (± CN 60).
Ce type de tampon de fermeture procure la moins bonne tenue
dans le temps. Par conséquent, il doit être réservé à une
utilisation à l’intérieur de locaux techniques situés
hors tunnel si
aucune autre solution ne peut être envisagée. 2.1.2 - Tampons béton avec bac acier | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Par rapport à leurs homologues sans feuillure en profilé acier,
elles résistent bien mieux aux chocs.
Par contre, elles ont les mêmes inconvénients après quelques
années d'exploitation (colmatage des interstices périphériques)
que les modèles sans feuillure.
Un autre problème a été relevé. Les feuillures
en acier
exposées à l'agressivité du milieu souterrain, confiné,
se
corrodent facilement. L’épaisseur d'origine d’une pièce
en acier
galvanisé à chaud étant nettement inférieure à celle
d’une pièce
identique complètement oxydée ; le gonflement par
enrouillement du subjectile (acier en l'occurrence) engendre des
déformations et efforts de compression inter-dalles.
Il résulte de ces déformations que des tampons complètement
bloqués par auto-scellement sont impossibles à ouvrir. Dans
une telle éventualité, il s'avère nécessaire de
démolir le tampon
en cause à la masse ou au marteau-piqueur, avec le risque de
blesser les câbles situés en dessous par la chute d’un morceau
du tampon.
La résistance thermique des tampons de fermeture avec
feuillure acier est moyenne.
Ce type de tampon vieillit donc relativement mal.
Toutefois, une amélioration possible consisterait à utiliser
des
profilés en acier inoxydable en lieu et place de pièces en acier
galvanisé. Cette solution augmenterait sensiblement le coût de
premier investissement. Par ailleurs, la taille et le poids unitaire
de ces tampons doivent être limités pour leur conférer
une
meilleure maniabilité. 2.1.3 - Tampons tout acier En principe utilisés pour obturer des chambres de faibles
dimensions, ils sont constitués d’une plaque pleine, de 15 à 20
mm d’épaisseur, éventuellement équipée de
raidisseurs soudés
en sous-face. Une tôle antidérapante striée, type "larmée",
soudée sur la face circulée par des piétons en général,
permet
de rendre la dalle moins glissante.
D’un poids raisonnable, généralement inférieur à 30
kg, donc
assez facilement manoeuvrables, ils peuvent être pourvus de
réservations pour le passage d’un outil de manutention ou de
poignées rétractables à l'intérieur de la chambre
de tirage.
Relativement insensibles aux chocs, ils semblent présenter une
bonne résistance dans le temps. La facilité du procédé de
leur
fabrication permet un réapprovisionnement ultérieur. Les
tampons de fermeture type tout acier offrent une bonne
résistance mécanique, vis à vis des charges, qui peut
facilement être déterminée par calculs de résistance
des
matériaux.
D’un emploi relativement récent (environ 10 ans d'exploitation), les problèmes de colmatage des interstices ou de gonflement des tampons tout acier dû à la corrosion n’ont pas encore été constatés à ce jour.
La résistance thermique des tampons de fermeture tout acier
est quasi nulle.
Ne répondant pas aux contraintes thermiques, ce type de
tampon tout acier ne peut être utilisé qu’à l’intérieur
de tunnels
courts n’entrant pas dans le cadre de la Circulaire
interministérielle n° 2000-63, et dans lesquels les réseaux
qui
transitent ne présentent pas une sensibilité importante.
2.2 - Solutions avec prise en compte de la stabilité et résistance au feu Jusqu’à présent, diverses méthodes de protection
thermique
ont été adoptées de manière empirique, et à chaque
ouvrage sa
façon, sans qu’aucun test n'ait permis de valider l’une
ou l’autre
des solutions techniques mises en oeuvre. 2.2.1 - Tampon « mécanique » fonte + Tampon « thermique » : Solution « A20 » | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Même dans le cas où des bouchons auraient été installés,
cette
technique est très contraignante pour l’exploitant car elle oblige
à
vider soigneusement les chambres de tirage avant toute
intervention, de mettre en dépôt provisoire et protégé les
granulats de Vermiculite, de bien remettre les bouchons en
place avant de remplir à nouveau les chambres de tirage avec
les granulats.
De plus, ces granulats obstruent les drainages des chambres,
lesquelles risquent d’être rapidement emplies d’eau polluée
par
des hydrocarbures.
La solution type « Toulon » n’a pas fait l’objet d’une
procédure
d’agrément.
2.2.4 - « Prototypes » Chamoise Lors des travaux de rénovation du tube Nord du tunnel de
Chamoise, le réseau de fourreaux en trottoir a entièrement été
refait à neuf. Toutes les chambres de tirage ont été munies
de
tampons de fermeture en fonte permettant d’assurer la tenue
mécanique. Par ailleurs, des montages de diverses protections
ont été mis en place.
Prototypes 2004
Dans le tube Nord du tunnel de Chamoise sur l'autoroute A40, trois essais de protection au feu ont été réalisés : Prototype 1 : Mise en oeuvre de laine de roche recouvrant
intégralement la sous-face de la chambre de
tirage.
Prototype 2 : Mise en oeuvre de plaque en matériau
ininflammable, marque « Promat », sans
protection mécanique ni mise en oeuvre de
joint intumescent.
Prototype 3 : Mise en oeuvre de sacs emplis de billes
d’argile dont la tenue au feu est de type "M0".
Ces trois solutions techniques ont été installées au printemps 2004 pour évaluer le vieillissement des matériaux et recueillir l’avis des services d’exploitation concernant leur maniabilité. Retour d’expérience sur prototypes 2004 En décembre 2006, nous avons vérifié sur site l’état des diverses solutions techniques décrites ci-dessus. Les résultats relevés sont indiqués ci-après. Prototype 1 : Dans cette solution, la laine de roche s’est
fortement détériorée. Elle est imprégnée
de
divers liquides, suite notamment aux opérations
de nettoyage du tunnel. Son degré de protection
initial contre le feu ne semble plus pouvoir être
assuré. Lors de la manutention, la laine de roche
qui se délite sous l'effet de l'humidité et des eaux
de lavage n’est par conséquent plus exploitable. Elle a été déposée puis évacuée.
Prototype 2 : La solution mettant en oeuvre des plaques de
matériau « Promat » sans protection mécanique
semble, à fin 2006, être la meilleure parmi celles
mises en place lors de la campagne 2004. Cependant, la fragilité du matériau face aux
chocs n’est pas un gage de pérennité.
Prototype 3 : Les sacs de billes d’argile commencent à se
détériorer. Certains d'entre eux, fragilisés, sont
endommagés et leurs billes d’argile sont
répandues dans la chambre de tirage. Nous
avons donc mis à profit cette intervention sur site
pour évacuer ces matériaux.
3 – METHODOLOGIE POUR UNE SOLUTION ALTERNATIVE 3.1 - Génèse du developpement de la protection thermique Lors du congrès de l’AFTES de 2005 qui a eu lieu à Chambéry,
les représentants de EGIS Tunnels (alors dénommée
SCETAUROUTE DTTS) ont fait la connaissance de l’entreprise
MECATISS, spécialisée dans le développement de produits
de
protection contre le feu.
Un stand présentait ses divers produits. Les principales
applications et références de cette entreprise sont réalisées
dans le domaine nucléaire.
Le premier contact établi lors de ce congrès a permis
d’envisager une collaboration pour mettre en oeuvre une
protection contre le feu au niveau des chambres de tirage de
câbles.
La démarche méthodologique proposée par EGIS Tunnels à la
société MECATISS, pour étudier la problématique
de la
protection thermique, consiste à :
•
Réaliser les essais et tests de comportement d’un
matériau ignifuge de la gamme MECATISS soumis à un
feu, de type HCM (hydrocarbures majorée), dans une
application en chambre de tirage ;
•
Vérifier la continuité de fonctionnement et de service
des réseaux ainsi protégés transitant à l'intérieur
d'une
chambre de tirage.
Pour cela, la colaboration de ces deux entités devait permettre :
•
De formuler les contraintes règlementaires et les
besoins des services de construction et d’exploitation
d’ouvrages souterrains ;
•
De promouvoir ce développement auprès d’un client afin
de l’amener à participer financièrement à cette
opération ; ce qui a conduit à estimer les coûts et à
s’assurer que le budget du client soit respecté ;
Issu des exigences de l’instruction technique 2000-63, le
respect du degré de protection de N3 au niveau des chambres
de tirages par diverses solutions techniques n’a jamais fait
l’objet d’une validation par un essai en laboratoire.
La plupart des intervenants dans le monde des tunnels (maîtres
d’ouvrages, maîtres d’oeuvres, entrepreneurs, fournisseurs)
négligent cette problématique ou la traite de façon empirique.
Cette démarche présente plusieurs intérêts différents
selon les
entreprises participant à ce développement :
•
Techniquement, avoir une position d’avant-garde sur
la concurrence ;
•
Juridiquement, permettre de répondre aux exigences
réglementaires et ainsi protéger la société en
cas de
mise en cause suite à un sinistre ;
•
Commercialement, présenter à de futurs clients
l’aspect innovant et de recherche engagé.
Pour arriver à finaliser cette démarche, EGIS TUNNELS se doit
d’impliquer un MOA permettant une perspective commerciale
au fournisseur MECATISS mais aussi une approbation par un
service d’exploitation.
La stratégie pour aboutir à une solution technique doit permettre
à
chacun des participants d’obtenir un gain sur son
positionnement :
•
Pour EGIS TUNNELS, obtenir une notoriété
supplémentaire dans son domaine ;
•
Pour le fournisseur, obtenir des parts de marchés
dans un nouveau domaine, assister techniquement
les MOA et MOE ; développer son expertise et ses
produits dans le segment du transport.
•
Pour un MOA, résoudre la problématique de
protection au feu des chambres de tirage.
3.2 - Rappel des contraintes règlementaires La Circulaire interministérielle n° 2000-63 définit plusieurs
degrés de résistance au feu suivant la criticité d’exploitation
des
é
quipements à maintenir en état de fonctionnement en cas
d’incendie. Par ailleurs, le Centre d’Etude des Tunnels (CETU)
a édité des Guides techniques pour permettre aux maîtres
d’ouvrage et aux maîtres d’oeuvre de mieux déterminer
quels
sont les réseaux à protéger contre les effets thermiques. 3.2.1 - Extrait de l'annexe n° 2 de la Circulaire interministérielle n° 2000-63, paragraphe "Instructions techniques relatives aux dispositions de sécurité dans les tunnels routiers". 3.2.2 - "Principes de résistance au feu" «
Le présent texte fixe les exigences de résistance au feu
minimales pour assurer la sécurité des personnes, y compris
celle des services de secours pendant leur intervention. Le
maître d’ouvrage peut retenir des niveaux de résistance
plus
élevés dans le but d’assurer une meilleure protection du tunnel
et de limiter les réparations et la durée de fermeture après
un
incendie. »
3.2.3 - Courbes température-temps «
Deux courbes température-temps seront utilisées selon les
cas pour la justification de la résistance au feu des structures et
de certains équipements. »
«
Les incendies à montée en température relativement lente,
mais le cas échéant de longue durée, seront caractérisés
par la
courbe température-temps normalisée définie à l'annexe
XI de
l'arrêté du 3 août 1999 (courbe identique à celle
de la norme
ISO 834). Les exigences de résistance vis à vis de cette courbe
sont exprimées dans la suite du présent texte par les lettres
CN
suivies de la durée de résistance en minutes (par exemple CN
120 signifie justification avec la courbe normalisée pendant 120
minutes). »
«
Un incendie de poids lourd peut présenter une montée en
température beaucoup plus rapide que cette courbe, tout
particulièrement s’il implique des marchandises très
combustibles et liquides ou facilement liquéfiables, même si
elles ne sont pas classées comme dangereuses pour le
transport. De tels feux seront caractérisés par une courbe dite
"
de feu d'hydrocarbures majorée" qui atteint 1200°C en moins
de dix minutes et 1300 C environ vingt minutes plus tard (…) »
«
Les exigences de résistance vis à vis de cette courbe sont
exprimées dans la suite par les lettres HCM suivies de la durée
de résistance en minutes. »
«
Lorsque deux durées correspondant à deux courbes
température-temps différentes sont spécifiées,
la justification
sera faite indépendamment avec chaque courbe pendant la
durée spécifiée pour celle-ci (par exemple CN 240 HCM
120 signifie deux justifications séparées, l’une avec la courbe
normalisée pendant 240 minutes, l’autre avec la courbe de feu
d’hydrocarbures majorée pendant 120 minutes). »
3.2.4 - Objectifs et niveaux de résistance « La résistance au feu exigée des structures et des é quipements vise les principaux objectifs suivants : •
maintenir l’alimentation électrique et les
communications de part et d’autre du foyer pendant la
durée maximale d’incendie, (…) »
Niveau N0 « Ce niveau correspond à la vérification de l’absence de risque d’effondrement en chaîne en cas de rupture locale : la perte d’un élément ne doit pas entraîner un report de charge sur d’autres parties de la structure, susceptible de provoquer leur rupture (…) » « Ce niveau constitue l’exigence minimale à laquelle doit satisfaire toute structure. Elle doit être vérifiée pendant l’incendie et après celui-ci pendant le refroidissement. Les structures répondant aux niveaux de résistance plus élevés décrits ci-après doivent aussi répondre à cette exigence.» Niveau N1 : « Ce niveau correspond à l’exigence CN 120 (…) » Niveau N2 : « Ce niveau correspond à l’exigence HCM 120 (…) » Niveau N3 : « Ce niveau correspond à l'exigence CN 240 HCM 120 (…) » 3.2.5 - Extrait de la Circulaire interministérielle n° 2000-63, paragraphe 4.4.1 "Alimentation électrique et télétransmissions" «
Il est indispensable de maintenir au droit d’un incendie la
continuité de l’alimentation électrique et des
télétransmissions. »
«
Les artères principales assurant l’interconnexion entre postes
d’alimentation électrique, ainsi que les câbles de
télétransmissions, devront être protégés
des effets directs du
feu par un cheminement dans des fourreaux noyés dans le
trottoir ou la chaussée, dans des caniveaux ou en gaine
technique, avec une protection au feu complémentaire si
nécessaire, de telle sorte qu’ils puissent fonctionner dans des
conditions de niveau N3 (…) ». 3.2.6 - Extrait du Guide technique du CETU "Comportement au feu des tunnels routiers" «
L’instruction technique annexée à la Circulaire
interministérielle n° 2000-63 exige que la continuité des
artères
principales assurant l’interconnexion entre postes d’alimentation
é
lectrique et des télétransmissions (communication,
télécommandes, capteurs, etc.) soit assurée au droit de
l’incendie, et ce pour une sollicitation thermique de niveau N3 (…)»
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D'emblée EGIS TUNNELS a donc préféré ne retenir
que les
exploitants d’ouvrages situés sur les autoroutes concédées.
APRR a été informé que le développement des produits
MECATISS, pour une application aux tunnels, sous la conduite
d’EGIS TUNNELS nécessitait un investissement et une
recherche de partenariat et un accord de principe a rapidement
eu lieu.
Dans le même temps, MECATISS a établi :
•
Un budget pour réalisation des essais dans leur station
d'essais situé dans leur usine de Morestel.
•
Une estimation du coût du développement de ses
produits à une application « tunnel » ;
Une offre pour la fourniture d’une protection thermique de
chambre de tirage.
Au vu des montants financiers annoncés, APRR s’est déclaré prêt à prendre à sa charge la moitié des frais à engager pour les essais. Elle nous a également informés que le montage d’un partenariat avec plusieurs maîtres d’ouvrages ne serait pas facile à réaliser et surtout qu'il serait long à finaliser. Le programme de rénovation de ses tunnels (dont celui de Chamoise) étant en cours, APRR souhaitait trouver une solution rapide. MECATISS a pris en charge les coûts complémentaires par leurs activités de recherche et développement. Durant la période des travaux de rénovation du tunnel de Chamoise, aucune entreprise n’a été en mesure de proposer une solution répondant aux diverses exigences techniques. Les divers échanges avec MECATISS n’ayant démarré qu’à l’automne 2005, il n’était pas alors envisageable d'effectuer toutes les démarches avant la remise en service de l’ouvrage. 5 - CONCEPTION – ADAPTATION DU PRODUIT Dans la majorité des cas, en raison des largeurs différentes
des
trottoirs, de la présence des réseaux humides, du profil général
de l’ouvrage, etc., les chambres de tirage en tunnel n’ont pas
de
dimensions identiques d’un ouvrage à l’autre.
La fermeture des chambres est en majorité réalisée jusqu’à présent au moyen de tampons en béton réalisés à façon, sur mesure, pour chaque ouvrage. Par ailleurs, une préoccupation constante d’EGIS TUNNELS concerne la maniabilité, la flexibilité des divers éléments constituant la fermeture d’une chambre de tirage. Ceci milite en faveur de tampons en fonte, de type standard, permettant d'assurer : •
la mise en oeuvre de produits courants, du commerce,
•
la standardisation des chambres de tirage pour un
ouvrage déterminé,
les autres contraintes citées au paragraphe 1 de cet article (i.e.
résistance mécanique, étanchéité, maniabilité)
Toutefois, l'emploi de tampon fonte, standard, ne permet pas de
satisfaire les exigences de la 1ere contrainte relative à la
résistance thermique. Pour cette contrainte, l’emploi d’un produit ignifugeant de la
gamme MECATISS, le MPF 2000, ayant fait l’objet d’agrément
dans d’autres cas d’utilisation, devrait permettre d’atteindre
les
niveaux d’exigences demandés.
6 - MISE EN PLACE PLATE-FORME D'ESSAIS DE MECATISS Les essais menés dans le laboratoire de l’entreprise ne sont
pas uniquement destinés à caractériser le niveau de
température atteint dans une chambre de tirage soumise à un
feu de type HCM 120, mais ils doivent aussi permettre de
vérifier que les réseaux transitants dans cette chambre de
tirage sont toujours opérationnels.
Les principaux réseaux sont les suivants :
•
Alimentation électrique basse tension (230 à 700 Volts)
• Télétransmission d’informations liées à la
GTC (Gestion
technique centralisée) : télécommandes,
télésurveillance ou télécontrôle, consignes
variables,
mesures variables
•
Réseaux de transmissions de données (analogique pour
la vidéo et numérique pour la GTC)
Ces divers systèmes utilisent des câbles de nature et de
caractéristiques différentes et adaptées permettant d’assurer
un
niveau de fonctionnement et de qualité de service élevé (sûreté,
disponibilité, etc.).
Une procédure de montage en plateforme d'essai d’une
chambre de tirage a été rédigée par l'entreprise
MECATISS en
collaboration avec EGIS Tunnels.
Elle permet de réaliser des essais pour vérifier le maintien
des
fonctionnalités des divers réseaux transitant dans la chambre
de tirage. Les résultats relevés par l'entreprise MECATISS seront validés par EGIS Tunnels.
EGIS Tunnels a fourni un schéma type représentant la pose
des divers câbles en fonction de leurs caractéristiques
techniques et leurs destinations. MECATISS a ensuite établi le
plan en situation dans son four d'essai (voir schéma ci-après).
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Un ensemble de thermocouples permettra de relever la
température en divers points de l’intérieur de la chambre
de
tirage soumise aux essais de comportement thermique :
•
Un premier ensemble sera installé sous le tampon de
fermeture
•
Un deuxième ensemble sera installé dans la chambre de
tirage, au niveau des câbles transitant dans cette
dernière
•
Un troisième ensemble relèvera la température
"
ambiante" à l'intérieur de la chambre de tirage
Les schémas ci-après répertorient les diverses positions
des
thermocouples (points rouges et oranges) :
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Pourquoi APPR s’est engagé dans ce développement
Soucieuse de garantir une meilleure sécurité des personnes sur
l’ensemble de son réseau, APRR s’est associée à Egis
Tunnels et Mécatiss pour répondre à deux exigences en matière
de
protection au feu.
La première exigence est la sécurité des personnes dans
les
tunnels (circulaire 2000-63). Dans le cadre du programme de
rénovation et de sécurisation des Tunnels de l’autoroute
A40
(Chamoise, Saint Germain et Châtillon) et pour répondre aux
exigences de la circulaire, APRR a cherché à mettre en place
une protection au feu des chambres de tirages (cf. article).
La deuxième exigence est de mettre une protection au feu des
réseaux de fibre optique le long de la section courante et
notamment sur les chambres de tirage des refuges. En effet,
lors d’un incendie de poids lourd, la montée en température
peut entrainer la destruction des réseaux. Aussi, afin d’éviter
cette destruction et d’assurer leur continuité de service, APRR
a
souhaité renforcer la protection au feu des chambres de
tirages.
C’est pourquoi depuis ces trois dernières années, APRR participe avec Egis Tunnels et Mécatiss au développement
d’une solution technique appropriée. En tant que maître
d’ouvrage, elle a mis a profit son expérience et a défini
le cahier
des charges avec toutes les contraintes d’exploitation. Egis
Tunnel a joué un rôle de conseil et coordonateur technique,
Mécatiss a apporté un matériau efficace répondant
au besoin et
déjà éprouvé dans d’autres domaines (notamment
le nucléaire).
7 - RESULTATS DES ESSAIS Les essais "industriel" ont été réalisés
en fin d’année 2007.
En résumé, les éléments suivants sont relevés.
Essais n°1 – HCM 2h (tampon fonte + protection thermique)
Certains câbles de réseaux secondaires (type télécommandes / télécontrôles locaux, alimentations électriques locales, vidéo surveillance locale) sont détruits dans une période comprise entre 75 et 90 minutes après le début de l’essai. Les réseaux principaux (alimentations électriques de puissance, fibre optique) restent en service. Après environ 90 minutes d’essai, le tampon en fonte est complètement détruit et amène une contrainte supplémentaire sur la protection thermique. Cet essai est toutefois concluant.
Essais n°2 – CN 4h (tampon fonte + protection thermique)
Tous les câbles sont restés en service. Le tampon en fonte ne s’est pas détérioré de manière significative. Cet essai est très concluant comme le montre les relévés de températures suivants : 07 ED 0008 - Courbe HCM | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Compte-tenu des résultats obtenus lors des essais 1 et 2, une
adaptation avec remplacement des tampons en fonte par des
trappes à remplissage en fonte, à remplir avec un mortier
«
basique » a été soumise pour mener l’essai suivant.
Essais n°3 – HCM 2h (trappe à remplissage + protection
thermique)
Tous les câbles sont restés en service, les températures relevées dans la chambre de tirage sont inférieures d’environ 600 °C, sous la trappe, à celles observées lors de l’essai n° 1 sous le tampon en fonte.
Cet essai est très concluant et c’est cette solution qui sera
retenue pour un passage en laboratoire agréé.
8 - PROTECTION INDUSTRIELLE, DROITS SUR PRODUIT Le produit de MECATISS ainsi constitué fait l'objet d'un brevet
déposé en 2007. MECATISS est le seul propriétaire des droits
sur les matériaux et leur mise en oeuvre.
Les seuls engagements de protection des divers partenaires
concernent la confidentialité lors de la mise au point de la
solution et sur les produits employés par MECATISS.
EGIS TUNNELS, pour respecter son obligation d’impartialité,
lors de mise en concurrence pour la réalisation de travaux de
protection thermique des ouvrages, ne peut pas s’engager dans
une démarche de droits sur les produits ou de retombée
financière sous quelque forme que ce soit.
Des communications en interne à chaque société participante
ont eu lieu et une présentation à été faite au
Centre d’Etude des
Tunnels (CETU).
9 - CONCLUSION Les essais réalisés permettent de répondre aux exigences
de la
circulaire 2000-63 et ainsi garantir le fonctionnement des divers
é
quipements dont les alimentations électriques et les contrôles
/
commandes transitent dans une chambre de tirage munie de la
protection thermique développée.
La solution apportée par l’emploi des matériaux de MECATISS répond à l’ensemble des contraintes, l’adaptation
entre
différents ouvrages est aisée, les modes de mise en oeuvre est
très simple.
MECATISS a engagé les démarches pour obtenir un agrément
en 2008.
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